2 posts tagged “homophobie”
Comment récompenser ou manifester de la gratitude aux homophiles et à ceux qui, parmi les homo, ont travaillé au bien commun? Je dis ça parce que, selon moi, la reconnaissance du bien que quelqu'un me fait ou fait à des gens que j'aime est une priorité, un choix de vie. En plus d'être une attitude suprêmement chrétienne, qui trouve son origine (selon les théologiens) dans l'attitude même du Fils par rapport à son Père... Mais je ne vais pas m'étendre là dessus...
J'ai eu l'attention attirée par un article qui présente la liste des nominés de l'association britannique Stonewall (qui oeuvre à la reconnaissance et à la promotion des droits des minorités sexuelles) pour différents prix annuels. Pour être exact, pas seulement des récompenses, puisqu'il y a aussi des nominés pour le titre de Bigot Of The Year.
Pour la petite histoire, j'ajoute que la remise des prix se déroule cette année le 1er novembre, dans les salles du formidable Musée des Arts Décoratifs (Victoria & Albert Museum, ou simplement le V&A), une soirée qui risque d'être pétillante dans un cadre que j'apprécie énormément (en particulier la salle des moulages). Bien sûr, c'est £100 l'entrée (+TVA), soit environ €150, mais c'est pour la bonne cause et le public que l'on risque de rencontrer est garanti absolument gratiné, une merveille dans le genre gratin. Mode, musique, cinéma,... que du très beau linge. On m'a d'ailleurs dit que...
Ne nous égarons pas!
Est-ce que quelqu'un peut me dire s'il y a l'équivalent en France, en Belgique ou ailleurs dans la Francophonie? Par contre, je n'ai pas trouvé trace d'un quelconque prix "cathogay" attribué à des homo ou des homophiles, que ce soit en français ou dans une autre langue. Et je ne dirai jamais assez à quel point je trouve ça dommage. Il y aurait chaque année une sorte de "Nobel" distribué par des cathogay, et je vous parie que l'on ferait beaucoup plus attention à eux.
Pour reprendre l'exemple britannique, il y a plusieurs catégories de nominés (outre le Bigot Of the Year, que l'on pourrait traduire par l'homophobe de l'année, parce que le terme a un sens moins religieux qu'en français). Tout d'abord, on s'en doute, le prix de la série télé qui a donné l'image la plus positive des minorités sexuelles. Cela me semble une évidence aujourd'hui que les producteurs télé jouent un rôle majeur dans la diffusion des idées, quelles qu'elles soient, en partie parce qu'ils donnent aux téléspectateurs ce qu'ils aimeraient voir.
J'aime bien voir nominé quelques épisodes de la série britishissime Doctor Who, mais je parie aussi sur les quatre fameuses Ménagères Prêtes À Tout.
Au titre de l'artiste de l'année, je choisirais Rufus Wainright, et pas que pour son charme (mais ça aide).
Le prix du politicien de l'année est, paraît-il, à la fois envié et craint. Je suppose parce que, pour beaucoup d'hommes ou de femmes politiques, le fait d'être proclamé publiquement comme "homophile" ne rapporte pas toujours le nombre d'électeurs qu'il faut. Contrairement à ce prétendent les cathobourgeois, ce n'est pas vrai que les candidats homophiles sont plus facilement élus que les homophobes. Sinon, c'est tout simple, il y en aurait plus et les parlements voteraient plus vite des textes en faveur des minorités sexuelles.
Toujours dans la liste de Stonewall UK, je soulignerai particulièrement le titre de Héros de l'Année, qui souligne la bravoure de certains homo ou homophiles pour faire reculer les préjugés concernant les minorités sexuelles.
Parmi les homophobes de l'année, signalons la présence de l'archevêque catholique de Birmingham, qui avait menacé (publiquement et en termes sans nuances) de fermer les institutions sociales, caritatives, artistiques catholiques si le gouverment leur imposait de "promouvoir l'homosexualité". De fait, encore un hiérarque qui démontre haut et fort qu'il a tout compris...
Parmi les homophobes catholiques épinglés, il y a aussi une certaine Patricia McKeever, de Catholic Truth (ben, voyons), une dame qui serait restée tout à fait obscure si elle ne menait campagne pour dé-placarder et publiquement humilier les prêtres et religieux homo (ou tout simplement homophiles), dans une très sainte croisade afin que le ver et la pourriture de l'homosexualité et de l'homophilie soit extirpée du clergé catholique. Une campagne tellement basse et veule que même les évêques catholiques lui ont demandé d'arrêter. Elle dispose d'une site web mais je me suis juré de ne jamais y mettre les pieds et même de ne jamais le renseigner.
Alors, pour terminer avec une proposition décente, je veux bien faire partie d'un jury cathogay (national ou international) qui présenterait ses propres nominés de l'année (je suggère à l'époque de la Toussaint, ou bien vers l'Annonciation, quand il est question de Gabriel annonçant la Bonne Nouvelle à Marie). Du moment que ça se termine par un dîner et une belle soirée, évidemment. Parce que si ça n'est pas gai, je vous le demande, pourquoi le faire?
Je signale encore que le V&A organise actuellement une superbe exposition "Haute Couture", avec des oeuvres avec des pièces de Dior, Givenchy et Balmain, et surtout du formidable Balenciaga. C'est jusqu'en janvier et je vais essayer d'y aller entre Noël et Nouvel An, à l'époque où j'y vais pour... les soldes.
Les études sur le racisme sont très utiles pour comprendre les mécanismes d'autres discriminations, comme le sexisme ou justement l'homophobie. Évidemment, on pourrait simplement attendre que les scientifiques étudient directement l'homophobie. Mais dans ce domaine, on n'en est même pas encore à récolter des données. Par contre, pour le racisme, on a derrière nous des décennies d'études, en particulier aux États-Unis, mais aussi en français.
Or, voici un article qui m'a inspiré: selon deux psychologues américains, les victimes du racisme (en l'occurrence, les Afro-Américains) ont développé, au fil du temps, une sensibilité extrême aux plus petites attaques, au "racisme subtil". En fait, cette forme diffuse et light du racisme leur fait plus mal, parce qu'ils n'arrivent pas toujours à la démontrer (on ne les croit pas quand ils la dénoncent) et donc la combattre. Alors qu'au contraire les Américains blancs ne réagissent qu'aux cas extrêmes de racisme, trouvant que leurs compatriotes afro-américains sont parfois "exagérément susceptibles" et qu'ils "réagissent pour un rien". J'avais déjà entendu des commentaires semblables sur les Juifs ou même sur les femmes. Je vous traduit un passage que je trouve particulièrement précis:
"Comme on peut le lire dans le numéro de septembre du magazine Psychological Science, les bénévoles noirs, qui ont été témoins de décisions d'embauche à la fois injustes mais aussi ambiguës, réussissent moins bien les tests [qui sont décrits dans l'article] parce qu'une partie de leur ressources mentales étaient utilisées à s'expliquer ces injustices. Le plus intéressant, c'est qu'au contraire, les volontaires blancs étaient beaucoup plus sensibles au racisme "majeur" plutôt qu'aux discriminations ambiguës.
Les deux auteurs, Salvatore et Shelton, l'expliquent par le fait que les Blancs font rarement l'expérience d'un racisme vis-à-vis d'eux; ils ne remarquent même pas les formes subtiles de racisme. Et au contraire, ils se retrouvent tout à fait déstabilisés par le racisme "majeur". On constate que beaucoup de Noirs, par contraste, sont beaucoup plus capables d'affronter le racisme "primaire", dans sa forme la plus haineuse; au contraire, c'est le racisme allusif, constant, vague, toujours un peu "limite", qui les affecte le plus."
Et bien, je comprends parfaitement de quoi il s'agit dans cet article et je vois exactement parce que c'est la même chose que j'éprouve vis-à-vis de l'homophobie "light". Les déclarations d'homophobes "primaires", comme vous en connaissez en France, cela ne me fait plus rien. C'est comme les blagues les plus lourdes sur les pédé: elles glissent sur moi sans m'affecter. Par contre, l'humour "coup bas" m'énerve au plus au point.
Je suis souvent très remonté contre l'homophobie light, en particulier dans le monde catholique. Quand, par exemple, on suppose incidemment que les homo, forcément, sont de pauvres malheureux qui ont une âme torturée et infantile. Tous de pauvres narcissiques, à qui on ne peut pas faire confiance parce qu'ils sont dominés par leur "anormalité". Qui ne trouvent une raison de vivre qu'à singer les hétéro, comme dans le mariage ou la parentalité.
Un exemple? Quand on veut discréditer un homo dans un groupe, certains hétéro font ce petit geste du poignet qui suggère qu'il s'agit d'une tapette. Mais sans le dire, bien entendu, parce qu'on ne veut pas apparaître homophobe. Quand quelqu'un a des positions homophiles et qu'on laisse entendre que, forcément, c'est parce qu'il doit être quelque part homo.
Alors que, comme chacun sait, n'est-ce pas, ce sont les homophobes sur lesquels il faudrait avoir des doutes... Bon, d'accord, j'exagère. C'était pour rire.
Ou quand on dit sur le mode le plus mielleux, que l'homosexualité est une anormalité mais que, jamais au grand jamais jamais, on ne dira des homo qu'ils sont des anormaux. Parce qu'on a trop de respect pour eux, n'est ce pas. Ceux qui n'ont pas reconnu un certain évêque belge,... et bien tant pis.
Ceci étant dit, il y a donc bien une "hyper sensibilité" des victimes que les non-victimes ne comprendront jamais et qu'ils trouveront toujours un peu exagérée ou même énervante. Pour moi, c'est ce qui explique que beaucoup d'homo ont du mal à avoir des amis hétéro, même quand il s'agit d'homophiles. Ou qu'on les entend dire "tu ne peux pas comprendre" à leurs amis hétéro qui minimisent parfois leur susceptibilité. Ou quand des hétéro chuchotent à propos de leur ami homo qu'il ne faut pas "parler de ce sujet-là devant lui, ça va encore l'énerver".
La même "hyper sensibilité" qui fait que, dès le plus jeune âge, les homo deviennent des experts du mensonge, du camouflage, de l'écran de fumée, de la clandestinité et de la double vie. Car "tout" plutôt que de faire directement l'objet de cette homophobie latente et permanente. Mieux vaut que "les autres" ne sachent jamais, même si c'est au prix d'un peut d'homophobie apparente. Mieux vaut le placard que la pleine lumière.
Comme je les comprends! Parce que, pour ce qui est des placards, je suis encore abonné à plusieurs...
La question de la "fierté" (la fameuse pride) n'est donc pas secondaire. Ou, pour reprendre le langage chrétien, celui de la louange et de l'action de grâce. Vivre dans la honte, c'est forcément donner de la puissance à la plus petite expression d'homophobie. Tant qu'on ne s'apprécie pas, la moindre ombre nous lane dans la plus totale obscurité. Je suis parfois un peu sévère pour les associations homo catholiques qui se limitent à vivre uniquement la "croix" sans avancer vers la louange. Il est urgent qu'il y ait une association cathogay qui dise haut et fort que Dieu nous aime et nous apprécie "chrétiens et gay". Qu'il a une magnifique mission pour chacun d'entre nous, un bonheur qu'il nous charge de trouver et d'inventer pour nous et pour les autres.
Car si nous vivions dans la louange, en remerciant Dieu chaque jour pour le don de notre sexualité, ces quelques petites expressions diffuses d'homophobie ne nous toucheraient pas autant.
Alors, marre du discours homophobe, notamment dans l'Église Catholique? Essayez la louange. Vivez comme si vous étiez déjà "dans le Royaume". Ou, pour le dire autrement: essayez la foi en Jésus Ressuscité qui a vaincu le mal, y compris la mort. Car tant que l'homophobie, même light, nous atteint, c'est que nous n'arrivons pas à croire que le Christ l'a déjà vaincue. Non pas "la vaincra un jour" (dans un futur plus ou moins proche) mais bien, j'insiste "l'a déjà vaincue" le jour de sa résurrection.
Et pour vous montrer ce que c'est qu'une véritable estime de soi, je vous laisse avec les membres de la très secrète société du Klan rose, parce que les membres sont tous des Noirs gay et juifs. C'est bien sûr de la dérision. Il faut qu'ils soient vraiment gonflés...



