4 posts tagged “homosexualité”
Bienvenue sur ce blogue, en particulier pour ceux qui me font le plaisir de me lire de temps en temps.
Je viens d'émigrer le blogue depuis U-Blog vers Vox. Qui vivra verra...
Mais ce qui me désole, c'est que tous les commentaires accumulés pendant deux ans et demi sont perdus, à moins que quelqu'un me dise s'il y a un moyen de les importer aussi... Mais j'en doute.
Bon, nous voici reparti...
Merci de mettre à jour les liens dans vos propres blogues. Et désolé d'avoir fait ce changement, mais ça s'imposait.
Vous savez peut-être qu'un sénateur américain (62 ans, marié et père, homophobe, conservateur et Républicain) s'est fait prendre dans des toilettes publiques à faire des propositions à un homme... qui s'est révélé être un policier. Confronté aux faits, le sénateur a d'abord avoué devant les juges. Mais maintenant que sa carrière est en jeu et qu'il a été obligé de démissionner (et surtout parce qu'il ne sait rien faire d'autre que d'être sénateur), il voudrait qu'on re-juge son cas au tribunal pour le motif qu'il retire ses aveux.
Pitoyable de bout en bout.
Mais je vais vous parler des commentaires de mon copain Francis (prononcer Frène-Sisse, à l'américaine). Il fulmine parce que, une fois encore, certains homophobes se sont emparés de l'affaire: "vous voyez? les homo ne font que ça: drager dans les toilettes et pervertir les honnêtes pères de famille!"
Et il m'écrit: "ça fait des années que j'explique aux gens qu'un prêtre qui viole un petit garçon n'est pas un homo, tout comme un homme qui viole une petite fille n'est pas un hétéro. Ce sont tous les deux des pédophiles et des violeurs. Quant aux gens qui baisent dans des toilettes publiques, qu'on arrête de dire qu'ils sont homo et qu'on dise une bonne fois pour toutes: ils sont d'abord sales, vulgaires ou franchement désespérés" (litt. down-low).
Ce qui me fait sourire, c'est qu'avec la paranoïa anti-bactérie des Américains, tous ceux qui ont serré la main de ce sénateur doivent se sentir contaminés.
Et je suis assez d'accord avec Francis: un Afro-Américain cambriole une banque, et tous les Noirs sont des gangsters en puissance. Un garçon se fait toutes les filles, c'est un héros du sexe, mais qu'une fille se fasse tous les mecs, alors c'est une pute et une salope.
Même chose pour les gay: bien sûr que tout le monde connaît un coiffeur homo! et bien sûr qu'il y a des homo qui baisent dans des endroits plus que glauques! Mais de là à généraliser....
Non, il faut le dire: la toute grande majorité des homo est aussi banale que la toute grande majorité des hétéro. Et à part qu'ils tombent amoureux de gens de leur propre sexe, la différence entre homo et hétéro est, pour le vaste nombre, pratiquement inexistante à l'oeil nu.
D'une certaine manière, je l'avoue avec contrition, je trouve qu'il y a un côté positif pour les homo à ces affaires de prêtres pédophiles: si l'Église ne veut pas que tout son clergé soit soupçonné systématiquement d'avoir des goûts immodérés pour les enfants, alors je lui dit qu'elle cesse d'avoir des préjugés sur les autres, à commencer par les homo. Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse, et toute cette sorte de choses.
Et j'ajouterais même ceci: dans les sociétés civilisées, on semble avoir fait la différence entre homosexualité et pédophilie (sinon, on n'aurait jamais dépénalisé l'homosexualité). Si l'Église n'arrive pas à le faire, c'est un message envoyé à la face du monde: "nous en sommes encore à croire qu'être homo ou pédophile, c'est la même chose". Donc, chaque fois que les autorités catholiques parlent d'homosexualité, elles jouent contre elles mêmes et se donnent un vernis de vieux machin pré-jurassique. Alors, si les hiérarques veulent vraiment qu'on le mette dans ce siècle (et pas dans les 10 premiers), il est peut-être temps qu'elles révisent leurs batteries.
Comme disait le cardinal de Lubac (ou du moins, on le lui prête): "avec des amis comme ça, l'Église n'a plus besoin d'ennemis". Avec ces prises de positions homophobes (ou sexistes), le clergé vatican prête tellement le flanc à la critique que les anti-cléricaux n'ont plus rien à prouver.
Enfin, peut-être qu'il y a aussi un aveu implicite dans les déclarations homophobes de certains ecclésiastiques ou sénateurs conservateurs, dit mon copain Francis: "car s'ils acceptaient le mariage gay, ils devraient aussi admettre que leur sexualité de parc, de buissons et de toilettes publiques est vraiment ce qu'elle est: malsaine".
Alors, ces conservateurs sont-ils homophobes pour ne pas avoir à se regarder eux-mêmes? Sont-ils en train de condamner les autres pour continuer leurs petites turpitudes sans être repérés? Fustiger le prétendu péché des autres pour que le sien semble petit en comparaison? Ce cher Francis pourrait avoir vu juste...
Pour votre information, la plainte pour "attouchements sexuels" contre Mgr Tony Anatrella a été classée sans suite. (voir ellico.com)
C'est son avocat, Me Benoît Chabert, qui a annoncé la nouvelle hier.
Cette plainte contre X avait été déposée le 30 octobre 2006 par un jeune adulte qui avait dénoncé à la police des séances de "thérapie corporelle" pratiquées par le psychanalyste qui, selon lui, aurait abusé de sa position de soignant.
Quelques mois plus tôt, ce jeune homme avait écrit au parquet de Paris pour l'alerter sur de possibles dérives des pratiques du psychanalyste auprès des mineurs.
Une enquête préliminaire avait alors été ouverte en août 2006 pour vérifier ses dires et les pratiques du psychanalyste. A l'issue de cette enquête, le parquet a décidé de classer le dossier sans suite.
Tony Anatrella a de son côté porté plainte contre X le 20 novembre 2006 pour dénonciation calomnieuse après "une campagne de presse particulièrement inacceptable" évoquant des abus sexuels. Cette plainte-là n'a pas encore été traitée par la justice française.
Outre la plainte pour "attouchements sexuels", Tony Anatrella avait également été mis en cause, dans la revue catholique contestataire "Golias", par un ancien séminariste, Daniel Lamarca, qui affirmait avoir eu des rapports sexuels avec lui lors de séances de travail, alors qu'il suivait une thérapie pour se libérer de son attirance homosexuelle.
La situation des homo dans la très catholique Pologne est à pleurer. Mais ce qui me désole le plus, c'est que la violence (et pas seulement verbale) est souvent le fait de nazillons christianistes qui mélangent joyeusement nationalisme, anti-sémitisme et homophobie, et cela au nom d'une prétendue appartenance à la foi catholique.
Des prétentions qui inquiètent même dans les rangs des évêques, pourtant eux-mêmes souvent connus comme des "homophobes light tendance romaine". J'en veux pour preuve que même l'archevêque de Cracovie s'est déclaré préoccupé par le positionnement éditorial de la très influente radio religieuse, Radio Maryia, qui développe des thèses antisémites et homophobes sur son antenne, sans même la prudence du sous-entendu ou de l'allusion. Ce cardinal, influent en Pologne, met en cause l'inaction de l'Église polonaise par rapport à cette radio qui soutient les frères Kaczynski, actuellement au sommet du pouvoir (comme président et premier ministre) et connus pour leurs positions homophobes. Des élections législatives anticipées sont en préparation à la suite de l'éclatement de la majorité parlementaire de la coalition de droite au pouvoir et je me demande s'il n'est pas temps pour les hiérarques de donner un message d'ouverture sur le monde plutôt que d'enfermement mental à la limite de la parano anti-européenne.
Autre chose, quoique. L'abbé Paul Sullins, un sociologue qui enseigne à la "Catholic University of America" et lui-même un prêtre épiscopalien marié qui est passé à l'Église Catholique, a mené une étude sur ce vaste ensemble de prêtres mariés qui ont quitté l'Église Épiscopalienne et se sont "convertis" (bien que le terme soit impropre).
Je me suis souvent demandé comment ces quelques mille (les chiffres varient entre 200 et deux mille) prêtres anglicans mariés qui, dans le monde, ont rejoint les Catholiques n'ont pas fait plus de bruit chez les fidèles. En effet, voilà des hommes dont on accepte le statut marital alors que nous avons (assez honteusement, il faut le souligner) jeté dehors des milliers de prêtres qui voulaient se marier.
Mais maintenant, j'ai un élément de réponse et, au fond, je le savais déjà: c'est parce qu'il s'agit en fait de prêtres au profil conservateur. Et sans surprise, le père Sullins a trouvé que ces prêtres qui ont "changé de communion" sont largement plus conservateurs que ceux qu'ils ont trouvés comme collègues dans le clergé catholique célibataire.
Vous pourrez ainsi trouver bientôt sur le site de ReligionWatch, une comparaison que l'abbé Sullins fait avec quelques 70 hommes mariés qui sont devenus prêtres aux États-Unis depuis les années 80 sous le régime spécial que le Vatican a publié pour ceux qui voudraient passer de l'anglicanisme au catholicisme en restant prêtres.
Clairement, sur pratiquement toutes les questions morales, ce groupe d'hommes est plus conservateur que les prêtres "célibataires". Ainsi 84% de ces prêtres "entrants" déclarent que les relations sexuelles entre fiancés avant le mariage sont "toujours" un péché, contre 57% dans le groupe des prêtres "indigènes". Ou encore, 89% disent que les actes homosexuels sont toujours un péché, contre plus ou moins la moitié des autres prêtres.
Il est assez piquant de constater que ces prêtres mariés et "accueillis" sont à 61% contre le mariage des prêtres, contre 29% chez les "anciens" prêtres catholiques. Hypocrisie, dirons certains,... ou alors c'est qu'ils savent des choses que nous ne savons pas.
De même, un très clair 97% de ces prêtres ex-anglicans se décrivent comme "plutôt ou clairement" conservateur, contre moins de 30% des prêtres célibataires.
Enfin, ces prêtres néo-catholiques sont à 92% d'accord pour dire que le sacerdoce leur donne un statut "distinct et permanent" par rapport aux laïcs, contre 77% pour les autres.
J'en conclus qu'il est plus facile d'accueillir dans l'Église des prêtres mariés quand ils sont conservateurs, un brin homophobes et coincés sur les questions de sexualité...
Quand à l'effet que ces "petits nouveaux" peuvent avoir sur les autres, notamment quand ils discutent dans des assemblées du clergé, je vous le laisse deviner. Je parie qu'ils ont fait pencher la balance pour un tas de questions, y compris par rapport au traitement de la question des minorités sexuelles.
Dans le même genre, c'est très à la mode, dans les milieux conservateurs catholiques, de déclarer que ce sont les homophobes qui subissent des discriminations et qu'en fait c'est l'homophilie qui est dans l'air du temps ou qui tient le haut du pavé. Encore récemment, un courrier des lecteurs dans un journal belge "cathobourgeois" déclarait que, alors quil est devenu impossible de publier des articles anti-sémites, racistes ou homophobes, il s'insurgeait contre les discriminations que, selon lui, subissaient les "vrais" catholiques.
Ben voyons, comme si nous vivions dans des pays homophiles où les média ne font que partir en croisade pour pourfendre l'homophobie.
D'où l'intérêt d'une étude publiée par SOS Homophobie sur les écoles et où l'on peut lire par exemple que 58% des personnes sondées déclarent avoir vu ou avoir été victimes d'actes homophobes, et parmi eux 5% qui parlent de violence physiques. Des faits qui sont, toujours d'après l'enquête, largement ignorés par les adultes responsables et les parents.
Et pour terminer, on arrive à cette période bénie de l'année où l'on voit sortir les publicités pour des calendriers d'hommes tellement décoratifs qu'ils en font mal aux yeux. Alors, je vous annonce qu'un grand phantasme gay va pouvoir prendre corps, puisque les Mormons viennent de sortir un calendrier "missionnaire" qui s'intitule "Mormon Exposed" et dont voici deux extraits. Pas de doute: que voilà un puissant argument pour leurs campagnes mondiales de conversion et pour qu'ils expliquent toutes les positions soutenues par les missionnaires...


